Alliance Mondiale des Robustas Gourmets

 
spacer Les Robustas: Un peu d’Histoire et des Perspectives

Robustas: Des cafés jadis bien appréciés

Jusqu’aux années 1970, il était commun d’entendre les gens habitués à voyager dire que le café était généralement bon en Europe et mauvais aux Etats Unis. A cette époque, l’Amérique du nord importait principalement des arabicas, alors que les Européens se fournissaient dans leurs anciennes colonies d’Afrique et d’Asie et achetaient surtout des robustas. Il est ironique de constater que l’Espresso Italien, sur lequel s’appuie tant la culture Gourmet d’aujourd’hui était le plus souvent à base de robusta, alors que 99 % des cafés Gourmets actuels sont des arabicas.

Le marché à terme pour robustas de Londres a ouvert vers 1954. Les robustas n’y avaient alors pas de décote contre les arabicas. Celle-ci n’est intervenue que par la suite, et pour deux raisons non liées au type du café. Alors que les lots filiérés à New York étaient principalement composés de cafés lavés, ceux de Londres étaient des naturels (usinés à sec). Qu’un café lavé ait un meilleur prix qu’un non lavé, cela est normal mais n’a rien à voir avec le type de café. Puis, en 1955 et 1957, le Brésil a eu deux fortes gelées, causant une pénurie d’arabicas, donc une surcote. Au fil des années, la prime s’est maintenue, devenant une sorte de tradition et entérinant l’idée que les robustas étaient inférieurs.

 
Un grave problème d’image

C’est indéniable, les robustas n’ont pas une bonne cote auprès des consommateurs, et ce pour des raisons multiples. Malgré les excellentes qualités qu’ils ont le potentiel de montrer dans la tasse ou par leur aspect, leur mode d’usinage quasi universel (procédé à sec, non lavé) ne fait rien pour les révéler ou les améliorer. Leur utilisation traditionnelle, depuis plus de 15 ans, comme cafés solubles ou comme compléments à des produits bon marché, n’aide pas. La position agressive de groupes d’influence anti-robustas financés par les producteurs d’arabicas compte aussi pour beaucoup. Ces producteurs considèrent les robustas comme une concurrence gênante faisant baisser les prix, et ils se font entendre très fort, notamment sur le marché Américain. Si l’on ajoute un manque total de promotion des robustas, le résultat n’est pas surprenant: Ces cafés se trouvent aspirés dans une spirale d’échec; Leurs prix très bas découragent les producteurs qui usinent leur café de plus en plus mal, ce qui leur réserve une utilisation encore plus médiocre, donc des prix encore plus bas, etc.… Et tout cela dans un contexte de surproduction permanente.

 
Perspectives à long terme des robustas ordinaires

Elles ne sont pas brillantes. Leur surproduction n’est pas près de s’arrêter, bien au contraire. L’apparition d’un troisième front régional se confirme en Asie, où cinq petits pays accroissent sensiblement leur production, un nouveau facteur de baisse des prix. D’importantes organisations Nord Américaines appellent à une réglementation et à l’établissement de critères minima de qualité, visant à interdire l’accès de certains cafés aux marchés consommateurs. Il est trop tôt pour savoir s’ils y parviendront, mais toute hausse significative des cours des robustas médiocres est exclue, quelle que soit l’issue de la démarche.

Tout ceci n’incite pas à l’optimisme, mais ne s’applique qu’aux robustas courants et non à des cafés spéciaux, bien cueillis, lavés et usinés avec soin. C’est ainsi qu’est né, dans les années 80, le secteur des cafés Gourmets, et c’est de la même façon que les robustas haut de gamme pourront croître et prospérer, renforçant par leur présence la gamme des cafés spéciaux.

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